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    avril 22, 2022
    6 minutes pour lire

    Pourquoi marques et distributeurs doivent s'emparer de l'indice de réparabilité

    écrit par: Aude Chardenon

    Du concept d’obsolescence programmée aux enseignes de réparation, la durabilité des objets est devenue un véritable critère d’achat. Désormais exigé par les consommateurs, l’indice de réparabilité n’est pas encore obligatoire sur toutes les catégories, mais distributeurs et marques ne doivent plus attendre pour répondre à une tendance pérenne.

    Réconcilier industriels et consommateurs

    La France a fait figure de pionnier dans la mise en œuvre d’un indice de réparabilité. Le concept gagne fortement en visibilité en 2010, avec le documentaire d’Arte, « Prêt à Jeter ».

    En 2015, selon 60 millions de consommateurs, 92 % des Français sont « convaincus que les produits électroménagers ou high-tech sont volontairement conçus pour ne pas durer ». Et « ils sont également 65 % à dire avoir jeté un produit électroménager ou high-tech de moins de 5 ans parce qu’il était irréparable. »

    Les fabricants prennent conscience de cette insatisfaction croissante et s’intéressent à la question. En parallèle, l’obsolescence programmée est, en 2015, inscrite et reconnue en tant que délit dans le code de la consommation.

    La marque Seb étend dès 2016 les garanties de certains produits à 10 ans et facilite la disponibilité des pièces de rechange en travaillant avec un réseau de réparateurs. En 2017 a lieu un autre tournant avec le vote  de la loi anti-gaspillage. A l’époque, “les deux tiers des Français estiment que leurs appareils électroménagers ne sont pas facilement réparables”, selon OpinionWay. Pourtant, “près de la moitié préfèrent malgré tout essayer de les réparer surtout lorsqu’il s’agit de petit-électroménager”... mais près “d’1 Français sur 2 constate une déficience d’information de la part des fabricants”. 

    Qu’est ce que l’indice de réparabilité ?

    C’est pour répondre à ce sentiment qu’un nouvel indicateur voit le jour : l’indice de réparabilité. Il s’agit d’une note sur 10 prenant en compte différents critères définis par le Ministère de la transition écologique : le prix des pièces détachées, leur durée de vie, la technicité de l’appareil (sur le démontage) et l’accès à la documentation technique. Il est représenté sous la forme d’un logo représentant une clé de mécanicien entourée d’un engrenage. 

    Dès le 1er janvier 2021, son affichage est rendu obligatoire sur cinq catégories : les lave-linge à hublot, les smartphones, les ordinateurs portables, les téléviseurs et les tondeuses à gazon électriques. L’indice de réparabilité doit être visible au moment de l’achat, et la documentation accessible facilement sur internet. 

    A la différence de la notation nutritionnelle des produits alimentaires comme le Nutri-score, l’indice de réparabilité ne se limite pas à aider le consommateur au moment de l’achat, mais vise également à changer son comportement plusieurs années plus tard. Il s’accompagne de tout un pan de mesures sur les durées des garanties, la disponibilité des pièces de rechanges, et des informations techniques. C’est donc toute la chaîne, producteurs et distributeurs compris, qui doit s’impliquer dans sa mise en place. 

    Marques et enseignes dans un cercle vertueux

    Fabricants et enseignes ont pris un certain nombre d’initiatives pour se mettre en conformité et proposer un affichage des données produit adapté. Selon le ministère de la Transition écologique, près de 1500 références l’ont adopté en 6 mois : 80% des lave-linges, plus de 85% des  smartphones, 65% des télévisions et 50% des ordinateurs l’ont intégré. 

    Apple et Samsung ont aussi commencé en 2021 à attribuer à certains smartphones et ordinateurs une note reflétant leur degré de réparabilité tandis que Microsoft a lancé une vaste étude sur l’impact environnemental qu’aurait une meilleure réparabilité de ses appareils afin d’améliorer ce point d’ici fin 2022.

    L’enseigne Darty a publié un baromètre de la durabilité des produits des marques sur la base des 2,5 millions d’interventions annuelles qu’elle effectue. 

    Boulanger Essentiel B, OnePlus, Crosscall, Wiko, Fairphone, Nokia ou encore Miele l’affichent déjà sur l’intégralité de leurs produits.

    Le groupe Fnac-Darty estime après plusieurs mois de tests que le projet est un succès et a embauché en 2021 500 techniciens supplémentaires. Il favorise également la réparation via une enseigne dédiée, WeFix, qui compte près de 100 magasins en France. Deux annonces qui matérialisent l’étendue des conséquences de l’indice de réparabilité, qui à terme, devra évoluer en indice de durabilité. 

    A partir de novembre 2022, cet indice devra apparaître sur six nouvelles catégories : les lave-linge à chargement par le dessus, les lave-vaisselle, les nettoyeurs à haute pression, les aspirateurs filaires, sans fil et robots.

    Un manquement à l’obligation d’information relative à l’indice de réparabilité est passible d’une amende.

    Vous voulez en savoir davantage sur la manière dont marques et distributeurs doivent collaborer pour déployer l'affichage de l’indice de réparabilité ? Téléchargez notre rapport « Comment la transparence des données produit agit sur les décisions des acheteurs européens ».

    TELECHARGER LE RAPPORT 

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